Enfants Esclaves

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Enfants Esclaves

Selon l’Unicef, près de 200 000 enfants de tous âges sont concernés
par des pratiques esclavagistes au Bénin et dans les pays limitrophes :
Nigéria, Burkina et Togo.


Dès l’âge de cinq ans les filles placées auprès de «tantes» ou
«tutrices» travaillent plus de dix heures par jour. Elles sont domestiques,
serveuses ou vendeuses sur les marchés comme celui de Danktopa,
le marché central de Cotonou. Plus âgées, elles alimentent également les
réseaux de prostitution.

Les garçons quant à eux sont exploités chez des
ferrailleurs, des mécaniciens ou dans des plantations agricoles.
Confier un enfant à une famille plus aisée est une pratique
traditionnelle au Bénin au point qu’un mot existe en langue Fon pour
désigner ces «enfants placés» : vidomégons. Une pratique basée au
départ sur des valeurs de solidarité et d’entraide. Des enfants originaires
de zone rurale étaient ainsi placés dans une famille de confiance plus
aisée. Le contrat prévoyait un accès à l’éducation en échange d’une
participation aux tâches du foyer.

Mais la demande, qui émanait des campagnes, s’est aujourd’hui
inversée et le système a été dévoyé. Les citadins ont besoin de main
d’oeuvre bon marché et des entremetteurs se rendent dans les villages,
mais aussi dans les pays frontaliers, pour acheter des enfants et
les revendre à Cotonou, capitale économique du pays. Le paiement
s’effectue la plupart du temps sous la forme d’une somme forfaitaire
estimée à 20 000 CFA, soit environ 30 €.