_ Faibles Doses

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Faibles Doses

Belarus, 2005-2006

 

Tchernobyl, 26 avril 1986. La Biélorussie reçoit 70% des retombées de l’accident sur son sol. 23% de son territoire, où vivent plus de 2 millions de personnes dont 500 000 enfants, est durablement affecté.

30 ans après, la population continue de subir une contamination quotidienne, à 80% d’origine alimentaire. Minés par la pauvreté, parias dans leur propre pays, les habitants des zones contaminées n’ont pas le choix : ils consomment des denrées produites localement dont la teneur en radionucléides est souvent très élevée.

Les conséquences de cette exposition chronique à des faibles doses sur la santé, notamment sur le développement des enfants ne sont pas reconnues par les organisations internationales. Pourtant 70% des 2000 enfants contrôlés dans la zone très contaminée de Gomel souffrent de pathologies cardiaques. Une augmentation des cancers, malformations et handicaps divers ont également été mis en évidence. Pour autant, le financement de recherches approfondies dans ce domaine n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Un manque de volonté partagé par les instances internationales comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et le régime autoritaire du président biélorusse.



La rivière Prypiat, près de Mozyr.

Un lotissement de «maisons du Président» construit en 2003 près de Narovlya pour loger les employés d’un kolkhoze en zone contaminée. Le régime autoritaire de Loukatchenko cherche à repeupler le sud du pays et s’attache donc à minimiser les risques. Les jeunes médecins et fonctionnaires y sont envoyés en début de carrière.

Forêt contaminée près de Narovlya, en bordure de la zone d’exclusion.

Ecole du village de Bronislav. Région de Narovlya. De ressource essentielle et source de fierté, la forêt est devenue la principale origine d’une contamination interne chronique. Champignons, baies et gibier qui s’y trouvent concentrent en effet des doses élevées de césium 137.

Alexeï, 10 ans, vit à Slavgorod, une ville en zone contaminée. Comme tous les élèves de sa classe il passe trois semaines par an en zone "propre", dans un sanatorium. Massages et cures de vitamines sont les seuls traitements mis en oeuvre. Sanatorium de Bobruisk. Biélorussie.

Sanatorium de Bobruisk. Nina, 9 ans, passe une échographie de la thyroïde. Comme tous les élèves de son école de Slavgorod, elle vient en soins pendant trois semaines dans un sanatorium en zone «propre». Les enfants sont les plus vulnérables à une exposition chronique aux faibles doses. Des pathologies diverses (cancers, arythmies cardiaques, raideurs des membres, cataractes, ...) ont été répertoriées.

Carte des zones contaminées en Biélorussie dans le bureau de Rose Goncharova. Généticienne à l’Académie des Sciences de Minsk, elle a mis en évidence des modifications génétiques sur des rongeurs ayant subit une exposition chronique aux radiations. Biélorussie. 2005.

À Braguine, 75% de la population actuelle s’est installée sur place depuis la catastrophe. Certains sont venus pour des raisons politiques, le plus souvent réfugiés des ex-républiques soviétiques du Caucase et d’Asie Centrale. D’autres ont été attirés par des salaires plus élevés que dans les autres régions. Biélorussie. 2005.

Des enfants jouent à Braguine, à quelques kilomètres de la zone d'exclusion. Près de 2 millions de personnes vivent aujourd'hui dans des zones contaminées. Parmi eux 500 000 enfants sont exposés de manière chronique à de faibles doses de radiations.

Un chasseur et son trophée, près de Golovitsy. Malgré les risques pour la santé liés à la consommation de gibier chargé en radionucléides, les habitants des régions contaminés n’ont souvent d’autre choix que de le consommer.

Dans une école près de Narovlya, près de la zone d’exclusion. Pendant leur développement, les enfants sont particulièrement sensibles aux faibles doses d’éléments radioactifs ingérés de manière chronique. Des problèmes récurrents de concentration et d’apprentissage sont rapportés par les enseignants. Biélorussie. 2005.

Rue principale du village de Majolin, près de Braguine. Biélorussie. 2005.

Un des rares habitants d’un hameau à la frontière de la zone d’exclusion. La situation économique et sanitaire y est désastreuse.

Une des «maisons du Président» construite en 2003 près de Narovlya pour loger des jeunes médecins et fonctionnaires en début de carrière. Le régime de Loukatchenko cherche à repeupler le sud du pays et s’attache donc à minimiser les risques. Biélorussie. 2005.

Famille Gatchenia dans le village de Zytkovitchi. Au centre, Irina a une santé fragile. Comme de nombreux enfants de la région de Narovlya, elle présente un taux très élevé de césium 137 dans son organisme. Elle s’est rendue en France à plusieurs reprises pour des séjours décontaminants.

Collecte de lait dans la région de Golovitsy. La contamination du lait est presque systématique. La situation économique de la plupart des habitants du sud du pays ne leur permet pas d’acheter le lait «propre» importé des autres régions.

Un kolkhoze céréalier à bout de souffle à Golovitsy, près de la frontière ukrainienne. Dans toute la région contaminée, l’activité économique périclite et la pauvreté s’enracine.

Au bord du Dniepr près de Gomel. Malgré les risques pour la santé liés à la consommation de poissons chargés en radionucléides, les habitants des régions contaminés n’ont souvent d’autre choix que de les consommer.

Maternité de Braguine, à la frontière de la zone contaminée. Les naissances y sont rares, les futurs parents quittent la région quand ils le peuvent.

Sanatorium de Bobruisk, à 60 km au sud de Minsk. Tous les élèves d’une école de Slavgorod, viennent en soins pendant trois semaines dans un sanatorium en zone «propre».

Tatiana Kotlabay est infirmière dans un dispensaire à Krasnoye, village à quelques kilomètres de la zone interdite. Elle a fondé une association pour sensibiliser les habitants, notamment les femmes enceintes et les jeunes mères, aux risques de contamination chronique par l’alimentation. Un dosimètre est à la disposition de ceux qui souhaitent controler leurs aliments.

Sanatorium de Bobruisk, à 60 km au sud de Minsk. Tous les élèves d’une école de Slavgorod, viennent en soins pendant trois semaines dans un sanatorium en zone «propre».

Plus vulnérables à une exposition chronique à de faibles doses de radiation, les enfants développent des pathologies diverses (cancers, arithmies cardiaques, raideurs des membres, cataractes, ...). Les handicaps et malformations sont courants. Village de Majolin, Belarus. 2005.